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CompStat : Historique et méthode

Une approche micro : le CompStat
A travers le monde et toutes ces dernières années, de nombreux services de police ont mis en place des protocoles d'évaluation. Tous les protcoles éprouvés puisent leur origine parmi le premier d'entre eux : le CompStat.
Historique de la démarche

Le CompStat (Computer Statistics ou Comparative Statistics) voit le jour en 1994 au New York police Department, placé sous la houlette de William BRATTON (Police Commissioner) et Jack Maple (Deputy Commissioner). Plus qu’un outil statistique d’enregistrement des crimes, le ComStat est un concept alliant stratégies policières, organisation des services et management humain.Intégration structurelle
Les objectifs du ComStat sont triples :
  1. Réduire le crime ;
  2. Garantir la qualité de vie des habitants ;
  3. Manager les ressources humaines et matérielle

L’idée fondamentale est de décentraliser les stratégies locales de lutte contre le crime afin de mieux répondre aux besoins spécifiques des communautés. Pour ce faire, chaque poste de quartier doit pouvoir disposer de l’information stratégique et de l’autonomie de réaction. Sur le fondement de la théorie Broken Window (Kelling, 1982), d’une préoccupation du bien être de la communauté alliant police communautaire et accountability, le ComStat s’est imposé comme un outil efficace à bien des égards.

 

La méthode
Chaque semaine, le poste de quartier incorpore au CompStat l’intégralité des évènements qui se sont produits sur son territoire de compétence : plaintes, arrestations, mandats et en général, toutes les activités liées à l’ordre public ou faits ayant eu un impact. Chaque évènement est horodaté et géo-localisé. Les informations centralisées au niveau des 76 postes de quartier sont centralisées au niveau de l’unité CompStat du NYPD et analysées. Le Weekly CompStat Report est présenté à l’occasion des CompStat meetings, rencontre hebdomadaire des responsables de postes.

 


Les critères

Les critères présentés au public ne sont liés qu’à la réduction de l’activité criminelle et propose des comparaisons temporelles permettant l’élaboration de séries chronologiques : CompStat.D’autres critères affinent la lecture du ComStat : l’activité criminelle dans les écoles, les transports publics, la chasse aux stupéfiants, etc. Ces critères sont disponibles dans la littérature évoquant le CompStat, souvent celle faisant l’apologie de la méthode. Mais il peut paraitre étonnant, qu’aucun de ces critères ne sollicite directement l’habitant. Or, si l’objectif du CompStat est la réduction sur cime, sa finalité est la qualité de vie des habitants.
                                                              


Critères

A semaine équivalente

A mois équivalent

A jour équivalent

Sur plusieurs années

n

n-1

%

n

n-1

%

n

n-1

%

n-2

%

n-7

%

n-15

%

Homicides

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Viols

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Vols

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Agressions

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cambriolages

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Larcins

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

GLA

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Traitement des informations
Management : les réunions ComStat
Basé sur la résolution des problèmes, le CompStat est également un instrument de management des équipes de quartiers en charge de la sécurité locale. Ainsi toutes les semaines depuis janvier 2004, les responsables de services se retrouvent dans le cadre du Crime Control and Quality of Life Strategy Meeting dit CompStat meeting dont l’objet est de présenter les analyses des statistiques criminelles, par precint. Ainsi, le responsable de la police du secteur repart avec sa feuille de route en matière de lutte contre le crime. Ces meetings sont devenus avec le temps des lieux ou chaque responsable de poste doit rendre compte de l’état de sécurité de son ressort ainsi que du bon emploi de la ressource dont il dispose (HENRY, 2003). Crime mapping
Le Command and Control Center situé au quartier général traire l’ensemble des informations délivrées hebdomadairement par le CompStat. Le service emploie à cette fin toutes les nouvelles technologies utiles à l’analyse et produit les supports pédagogiques utilisés lors des CompStat Meetings. Le Crime Mapping est incontestablement l’une des sources du succès du CompStat. William Bratton réemploie la méthode et ses outils aujourd’hui à Los Angeles. Accountability
Si la mise en ligne du CompStat apporte peu de valeur ajoutée pour la population, la statistique restant un leu aride, la mise en ligne des informations localisées sur une carte est bien plus parlante. Le cas de Los Angeles est significatif. Mais si cette outil place aujourd’hui le Los Angeles Police Department au paroxysme de la transparence en matière de chiffres criminels, on peut s’interroger des effets pervers de cette méthode sur la population (DUPONT & RATCLIFFE, 2000). Nul doute que le CSI effect (goût de la population pour les technologies policières, induit par les nombreuses séries télévisées) contribue à la popularité du CompStat, mais quel en est le réel effet. Ceci contribue-t-il à l’amélioration de la qualité de vie de la population ?La pertinence de l’outilLes qualités
  1. L’efficacité de l’outil d’un point de vue de la collecte, de l’analyse et de la dissémination de l’information ;
  2. La disponibilité de l’information ;
  3. La possibilité d’adaptation ;
  4. La globalité de l’outil, y compris dans son voler managérial
Les limites
  1. L’effet sur la criminalité n’est pas garanti. LE fait que la criminalité ait chuté à New York City ne garantit pas l’efficacité spécifique du CompStat. Les détracteurs de l’outil présentent d’ailleurs les résultats nettement plus mitigés de W. Bratton à Los Angeles ;
  2. La difficile applicabilité du concept aux petites agglomérations, ne disposant pas d’autant d’autonomie politique ou matérielle ;
  3. Le choix des critères essentiellement quantitatifs, représentant mal la qualité de vie de la communauté ;
  4. La disponibilité que d’une partie des critères, tronquant la représentation de l’outil ;
  5. La rigidité du concept de management accompagnant le CompStat
Le CompStat s’est répandu et a évolué. Parmi les villes américaines a s’en être dotées on peut citer Los Angeles, Philadelphia ou Baltimore. Certaines villes l’on adapté afin de mieux répondre à leurs besoins, telle que Chicago qui en 1993 qui a travaillé sur un concept moins « criminel » de l’outil (SKOGAN, 2005). CAPS (Chicago Alternative Policing Strategy) et Citistat sont les principales adaptations de l’outil. Ainsi le CAPS réintègre-t-il les données plus spécifiquement liées à la satisfaction de la communauté : telles que le sentiment de satisfaction, des données liées à l’état de propreté et de maintenance de l’habitat ou des véhicules dans les quartiers, etc.
Les nouvelles technologies ne sont pas absentes des évolutions données au CompStat. Chicago s’est doté d’un système de collecte et de croisement de données relatives à un maximum de champs de la sécurité locale : CLEAR (Citizen Law Enforcement Analysis and Reporting). Toutes les informations perçues sont systématiquement colligées dans trois ressources : Police management, criminal justice integration et Community/business partnership dotant ainsi Chicago du plus important outil local de collecte et croisement de données.
 
 
CRI 6226 ÉCOLE DE CRIMINOLOGIE
UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL