1. Quelques
technologies de pointe
a. Armes non-létales ou incapacitantes
i. gaz : le plus connu est le « Mace », qui vient en 15 saveurs;
les mieux connus sont le CN et le CS, qui sont des gaz
lacrymogènes. Le CN est vieux et moins stable que le CS. Le
OC (oléosine de capsicum frutescence) est le bon vieux poivre
de Cayenne. Avantage : pas besoin de nettoyer/décontaminer
après utilisation.
ii. V-MADS (Vehicle-Mounted Active Denial System) : rayon de
micro-ondes (95GHz) qui pénètrent 1mm dans la peau et la
chauffent à 50°C en 2 secondes. Canon doit être monté sur un
véhicule mais sera éventuellement portable. Portée de 700m.
Idée : remplacer le canon à eau.
iii. VLF modulator (very low frequency) : produit un son très
puissant dans les 20-35Hz. Les vibrations causent la nausée
et des douleurs abdominales. Peut faire vibrer, voire exploser
les os.
iv. PEP (pulsed energy projectile) : canon à plasma qui surchauffe
et fait exploser l’air autour de la cible.
v. Lasers paralysants : sous les noms de BOSS, Persuader,
LX-5, Maglite, Saber 203, TLOS, Green Laser, Nighthawk and
Y-Blue. En général, il s’agit d’aveugler une ou plusieurs
personnes avec un faisceau laser de faible intensité.
vi. mine anti-émeute : contient un explosif pyrotechnique faible
mais générant un haut niveau de bruit et un flash puissant
(sous forme de grenade on l’appelle flash-bang); la mine est
aussi équipée de billes de caoutchouc qui sont projetées à la
détonation.
vii. projectiles (équivalents à un coup de matraque à distance) :
(1) sacs de billes (bean bags) — montés dans une cartouch
de calibre 12.
(2) balles de caoutchouc — généralement montées dans une
cartouche de 12.
(3) balles de plastique — petit bâton de nylon de 20cm de
longueur tiré d’un lanceur de calibre 40mm.
(4) balles éponge — calibre de 40mm, projectile unique à tête
spongieuse.
(5) cartouche anti-émeute — calibre de 40mm, contient 48
billes de caoutchouc.
viii. immobilisation :
(1) MDS (mobility denial system) : flaque de mousse
visqueuse immobilisant les personnes et les véhicules
(2) colles mousseuses
(3) filets projetés
ix. Taser (marque de commerce). Donne un choc de 50 000 volts
(mais seulement 6 à 15 watts) à distance de 5 à 10 m (deux
aiguilles rattachées à un condensateur/pistolet par des fils ultra-minces sont projetées par de l’air comprimé) ou en corps-à-corps. Le LAPD l’utilise environ 2 000 fois par année.
b. Technologies de surveillance
i. image :
(1) caméras fixes, style « Frisco Bay »
(2) caméras vidéo en circuit fermé
(3) caméras vidéo reconnaissant et analysant le mouvement
(4) caméras portables
(5) caméras cachées
(6) Rayons X « Backscatter » : permettent de voir à travers
les vêtements et dans des véhicules, bagages, etc. Utilisé
au Port de Montréal depuis peu pour fouiller des
containers.
(7) caméra à ondes millimètre : très grande (résolution
physique : 1pixel=2mm), mais peut voir à travers les
vêtements, dans les maisons, etc.
(8) analyse spectrale : permet de différencier entre les
plantes cultivées (par avion ou par satellite).
ii. son :
(1) « Shotspotter » peut localiser les sons de coups de feu
dans une ville
(2) interception de conversations (lignes téléphoniques,
cellulaires)
iii. déplacements :
(1) « celldar » : permet de suivre les objets et personnes à
l’aide des radiations des systèmes de téléphonie
cellulaire. En principe, devrait permettre de voir dans les
maisons.
iv. information :
(1) Communications : des ordinateurs portatifs permettent de d'ajouter à et de consulter les bases de données policières à partir de véhicules, de bureaux
et bientôt à pied, avec des ordinateurs de type
« Palm ».
(2) le FBI utilise un système appelé « carnivore » pour
surveiller les communications informatiques de personnes
sous surveillance. C’est un ordinateur branché chez le
fournisseur de services internet après obtention d’un
mandat.
(3) mouchards : enregistrent l’ensemble des touches
frappées au clavier.
(4) TEMPEST : interception et analyse des émanations
électromagnétiques des ordinateurs, écrans, etc.
(5) ECHELON : interception massive des télécommunications. Sous l’égide de l’accord UKUSA de 1947, auquel
participent les ÉU (la National Security Agency, NSA),
l’Australie, le RU et le Canada (le Centre de la sécurité
des télécommunications, CST).
(6) bases de données : de multiples agences de police
maintiennent des bases de données plus ou moins
intégrées dans lesquelles des informations diverses sont
conservées. Les policiers ont également accès à
plusieurs dossiers maintenus par d’autres institutions du
système de justice et d’ailleurs. De plus, les policiers
peuvent avoir accès à d’autres banques tenues par des
organismes variés — entre autres les données des
compagnies de téléphone, d’Hydro Québec, etc. Certains
renseignements sont immédiatement disponibles; pour
d’autres, il faut obtenir un mandat.
2. Cas particulier : la vidéosurveillance
a. Une des technologies policières les plus populaires, surtout au RU.
Les citoyens de Londres sont capturés dans leurs activités
quotidiennes 300 fois par jour par au moins 30 systèmes vidéo
différents. Londres est-elle la ville occidentale la moins criminalisée?
Non.
b. Premièrement, notons que la surveillance vidéo peut être ouverte ou cachée.
i. Quand elle est ouverte, c’est généralement qu’on lui prête une
capacité de dissuader les contrevenants potentiels.
Inconvénient : on peut déjouer ou neutraliser des caméras
visibles, ou on peut s’éloigner pour commettre son crime
ailleurs (contre-mesure : bulle semi-transparente).
ii. les caméras cachées sont protégées contre les attaques mais
ne peuvent pas réellement être dissuasives. Par contre, elles
permettent de produire des preuves des méfaits commis ou au
moins des renseignements divers.
iii. les caméras peuvent à la fois être évidentes et cachées. Dans
ces cas les individus ne savent pas quand ni où ils sont sous
surveillance. C’est ce qui arrive lorsque les caméras sont
invisibles mais qu’un écriteau avertit les passants de leur
présence. Le philosophe Jeremy Bentham appellerait ceci
l’effet panoptique : quand on ne sait pas où ni quand on est
surveillé, on se comporte toujours correctement.
c. D’après Armitage et al, les effets anti-crime possibles de la vidéo
sont les suivants :
Tableau : effets anti-crime supposés de la vidéosurveillance
sur les usagers / gardes |
sur les contrevenants
potentiels |
davantage de gens se sentent assez en
sécurité pour fréquenter l’endroit |
sont pris sur le fait |
mène à une meilleure assignation de la
surveillance professionnelle |
sont dissuadés par la présence
de caméras |
la présence des caméras rappelle aux
usagers de prendre des mesures de
sécurité (verrouiller leurs véhicules, ne
pas y laisser d’objets de valeur, etc.) |
leur donne l’impression que la
criminalité est prise au sérieux |
il peut être embarrassant d’être vu sur
vidéo en train de se faire voler, ce qui
encourage également les usagers à
prendre des mesures de sécurité |
leur donne l’impression que
moins de temps est disponible
pour commettre l’acte |
la présence de caméras attire les gens
prudents |
|
la présence de caméras encourage les
usagers à rapporter les comportements
suspects |
|
d. Recherche de Welsh et Farrington pour le Home Office, 2002
i. Cette recherche se veut une méta-analyse objective / empirique
des expériences de vidéosurveillance. Quatre critères de
scientificité des évaluations sont utilisés, soit 1) la vidéo devait
être la variable principale de l’évaluation; 2) il devait se trouver
une évaluation des effets sur le crime; 3) une mesure des taux
de criminalité avant et après l’expérience devait être disponible;
4) il devait y avoir une zone contrôle adéquate. 22 évaluations
(sur 46 disponibles) rencontraient ces 4 critères.
ii. Les expériences retenues concernent quatre types d’endroits :
centre-ville (11) ; logements (2) ; transports publics (4) ;
stationnements (5).
iii. En tout, 11 évaluations montraient une réduction de la
criminalité, 5 un effet nul, 5 un effet d’augmentation et une
dernière un effet non-mesurable (caméras posées dans une
zone où il y avait au départ tellement peu de crimes qu’aucun
effet est statistiquement identifiable).
iv. Dans les cas de réduction, il s’agissait globalement de 4 %, et
d’infractions contre la propriété seulement. Aucun effet sur le
crime violent n’a été détecté. Les meilleurs résultats furent
constatés dans les stationnements, avec des réductions de
l’ordre de 40 %.
v. bémols :
(1) là où de grandes amélioration ont été constatées, d’autres
tactiques avaient également été utilisées faites, par
exemple un éclairage plus puissant, enlever des
broussailles, des murs, etc.
(2) dans bien des cas les effets positifs diminuent avec le
temps.
e. En général, l’efficacité des caméras de surveillance dépend de
plusieurs autres facteurs :
i. facilité de prendre la fuite
ii. éclairage et visibilité générale (murs, clôtures, bosquets)
iii. présence de personnel de sécurité pouvant répondre
rapidement
f. Le problème, c’est que tous ces facteurs ont un effet démontré sur
la criminalité — sans la présence de caméras.
3. Recherche de Norris et Armstrong (texte à lire)
a. La technologie CCTV est d’apparence neutre : on regarde tous ceux
qui se trouvent sur la voie publique (qui n’ont pas d’espérance
raisonnable d’être en privé)
b. En fait, une sélection sociale est déjà en cours : toutes les couches
sociales ne sont pas également représentées
i. dans la présence sur les rues
ii. dans la criminalité de rue
c. De plus, les individus responsables de la surveillance des moniteurs
ont des idées déjà faites sur
i. ce qui mérite d’être contrôlé
ii. ceux qui méritent d’être contrôlés
Il y a aussi des technologies qu’on a oubliées tant elles sont répandues.
a. Par exemple, la voiture. Manning (2003) explique que la voiture, comme
une bulle mobile d’environnement policier, contribue à la construction
(il dit, « réification ») du rôle du policier et de la façon dont il conçoit
sa fonction :
i. être au bon endroit au bon temps (c’est-à-dire, sur les lieux de
crimes en cours ou en préparation immédiate)
ii. posséder l’équipement, la boîte à outils qui permette d’être
efficace — ce qui mène à une conception spécifique de
l’efficacité, où un effet maximal immédiat peut être produit.
iii. haute technologie = professionnalisation
iv. la voiture est aussi un bureau où des informations sont
disponibles, traitées, échangées — ce qui encore est un aspect
de la professionnalisation dans la « société de l’information »
v. la bulle est un endroit sécuritaire, c’est une extension du poste,
auquel on reste toujours attaché électroniquement (radio,
terminal mobile); l’extérieur de la bulle est dangereux
b. La radio a été introduite dans les années 1950. Auparavant l’agent
devait se servir de boîtes téléphoniques réservées à la police (ou de
n’importe quel téléphone) pour informer le répartiteur de ses
activités.
c. Dans les deux cas, ces technologies ont fortement contribué à
transformer les objectifs et la mission de la police. À partir du
moment où les incidents peuvent être relayés directement dans un
véhicule permettant de se déplacer rapidement, le temps de réponse devient mesurable et offre un étalon facilement quantifiable du travail
de police.
Conclusion : la technologie, bien qu’en apparence n’offrant qu’une boîte à outils
différentes pour les organisations chargées de la sécurité, transforme profondément à manière dont ces organisations définissent et accomplissent
leur mission.
4. Société du risque
a. Transformation de la conception générale de la société, du crime, du
criminel et de la façon de contrôler le crime. Concept inventé par
Ulrich Beck.
i. il y a peu de temps, la police communautaire conventionnelle
a été développée dans un environnement d’État providence, en
d’autres mots dans une réalité où l’État doit se charger de faire
mieux fonctionner la société en mettant sur pied des
programmes et des services. En gros, on croyait que
(1) la criminalité peut être réduite
(2) la qualité de vie des citoyens peut être augmentée
(3) la police doit être organisée de façon à contrer la
criminalité et augmenter la qualité de vie
(4) l’ensemble du système de justice vise également ces buts
ii. dans les années 1980, alors que la police communautaire
commençait à faire parler d’elle, le financement de l’État
commença à poser un problème. La plupart des
gouvernements occidentaux avaient accumulé des déficits
énormes. À l’apex de la professionnalisation de la police, les
salaires des policiers avaient également doublé et triplé dans
le années précédentes.
(1) les années 1980 :
(a) un resserrement des dépenses de l’État.
(b) un « virage à droite » dans les politiques pénales
(moins de services, plus de prisons, plus de lois
contrôlant plus d’activités, augmentation de la
clientèle pénale)
(c) une nouvelle conception de la criminalité : elle est
un phénomène normal et inévitable de la vie sociale
(d) conclusion : il faut, au lieu de tenter de résoudre les
problèmes qui sont source de criminalité (éducation,
pauvreté, compétences/capacités parentales, etc.), réduire les risques de victimisation.
iii. depuis 1990 (Dupont, 2002) :
(1) certains auteurs pensent que nous sommes dans une « société du risque », c’est-à-dire dans une société où
les problèmes sont conçus non pas en termes de
solutions mais d’évitement — on ne croit plus être capable
d’apporter des solutions.
(2) Ainsi, l’INFORMATION devient un élément absolument
fondamental de la gouvernance moderne. Pour évaluer
le risque et savoir comment le contourner, il faut une
information la plus complète possible.
(3) ainsi, la police de la société du risque est une police axée
sur la collecte, l’analyse et la diffusion de l’information.
(4) les services de renseignement prennent donc de plus en
plus d’importance; c’est l’« intelligence-led policing » , ou
« police guidée par le renseignement » ou encore, « police
de renseignement criminel », comme dit Dupont (2002). Dans
son ensemble, la police est conçue comme un système
de traitement de l’information au sujet des risques
(ramasser cette information sous forme de statistiques et
la diffuser à ceux qui doivent se protéger) et de créations
de stratégies d’évitement.
(a) exemple avec le système SARA, dont nous avons
parlé : le policier qui cherche une solution peut y
penser en termes de services sociaux ou en termes
de réduction des risques. En général, c’est la
réduction des risques qui prime dans une société du
risque. Par exemple, s’il y a des intros par effraction
dans des sous-sols d’appartements, on coupera les
haies, mettra des barreaux et/ou augmentera
l’éclairage — on ne va pas se demander qui sont
ces gens qui commettent ces crimes et comment on
pourrait les changer (qui était l’approche ancienne).
(b) autre conséquence : utilisation de plus en plus
intensive des caméras de surveillance pour réduire
le risque.
(5) en général, la sécurité des citoyens est conçue comme la
capacité de réduire les risques auxquels ils pourraient
faire face. Pour réduire les risques, il faut contrôler de
plus en plus près les éléments de la vie quotidienne.
(6) Il faut noter que la réduction des risques n’est pas
uniquement l’affaire de l’État et de ses institutions :
(a) Disney World (Shearing)
(b) Macdonalisation du monde (Ritzer)
(c) tests anti-drogue pour « sécurité »
(d) sécurité informatique
(e) sécurité privée et « notes roses »
b. Ainsi, la prévention et la police communautaire ont changé assez
profondément ces dernières années. Au lieu de faire de la
prévention traditionnelle, on s’efforce d’identifier les risques et de
deviser des moyens de les contourner. En fait, c’est l’application de
techniques actuarielles importées de l’industrie de l’assurance au
monde de la victimisation (d’ailleurs, les policiers sont en contact
intensif avec les compagnies d’assurances). Il s’agit d’analyser les
statistiques pour trouver les points chauds ou zones de risque. On
peut aussi identifier des groupes à risque ou des activités à risque.
c. La sécurité privée, parce qu’elle a toujours conçu le crime comme
une perte — ou en fait un risque de perte
d. L’expertise en sécurité privée est en fait une évaluation des risques
(risk assessment) et se représente le risque comme la rencontre de
deux variables (matrice), la probabilité qu’un acte se produise et la
gravité de l’impact de cet acte sur la personne ou l’organisation.
5. Société de surveillance et de sécurité
a. Gary Marx : la « société à « sécurité maximale » (1987, Déviance et
société, 12 (2), 147-166) : il se développe un important foyer
d’activité où se rencontrent les universités, les compagnies privées,
les forces armées, les institutions de renseignement et les
organisations de police. L’objectif est de développer et/ou de raffiner
la technologie de la surveillance et de la sécurité. Ces technologies
intègrent des connaissances en aérospatiale, en optique, en
informatique et en télécommunications.
b. Cet état de faits érode la distinction classique entre le public (visible)
et le privé (caché, personnel). Ce que nous faisons laisse toujours
des traces, qui sont enregistrées dans un grand nombre de bases de
données. En fait, l’information à notre sujet est un produit
commercial échangeable.
c. Selon Marx (Gary, pas Karl), la société à sécurité maximale a 6
aspects importants :
i. C’est une société programmée : la technologie est utilisée pour
former le social en machine. Castration chimique et Ritalin;
meilleures serrures; meilleurs protocoles de sécurité (technique
des « billets blancs »); organisation de l’environnement (du
McDo aux lieux de travail).
ii. C’est une société de dossiers : surtout depuis l’ordinateur, qui
a grandement facilité la création et l’intégration de bases de
données, ainsi que l’accès décentralisé à leur contenu.
iii. C’est une société actuarielle : tout passe par la gestion des
risques : les dangers sécuritaires ne peuvent disparaître, ça ne
donne rien d’essayer; il faut donc apprendre à les éviter. Les
individus sont définis selon leur appartenance statistique à un
groupe.
iv. C’est une société d’auto-surveillance : nous demandons à être
surveillés, pour notre bien (notre sécurité). Nous nous plions à
une surveillance accrue parce que nous pensons que l’autre
juste à côté, est un criminel dangereux (étiquettes de fouille
volontaire de voitures à New-York; tests anti-drogues; tests
polygraphiques [« détecteur de mensonges »] volontaires).
v. C’est une société poreuse : nos actions sont de plus en plus
visibles; notre bulle privée est pleine de trous.
vi. C’est une société soupçonneuse : en partie corollaire de la
gestion des risques, il faut toujours s’imaginer que le voisin est
un danger potentiel (caméras-oursons).
d. Dangers, selon Gary Marx :
i. Mythe de la neutralité : croire que les moyens sont sans effet
sur les fins. Il écrit, « pour quelqu’un qui a un marteau à la
main, le monde ressemble à un clou ». Quand on a une
technologie, on trouve toujours des raisons de s’en servir.
Dans plusieurs cas notre solution détermine la manière dont
nous définissons le problème. Quand les services de police ont
adopté la voiture et la radio la mesure d’efficacité de la police
devint le temps de réponse.
ii. Mythe du perfectionnement de l’outil : comme toute
technologie, les technologies de sécurité se perfectionnent
sans cesse et on ne doit pas manquer le bateau
iii. Confusion des causes et des symptômes
iv. Techno-fix : L’idée que si la technologie ne donne pas les
résultats désirés, c’est qu’elle n’est pas au point; solution :
davantage de technologie. On ne fait plus de recherche sur la
nature des situations.
v. L’idée que seuls les criminels ont quelque chose à cacher.
Ceci permet à l’État ou à l’entreprise privée de traiter toute la
population comme une masse de criminels potentiels.
vi. Danger des initiatives personnelles, par exemple, cas du
Canadien qui s’est rendu aux ÉU pour y régler le compte de
deux « prédateurs sexuels » (Stephen Marshall, avril 2006).
e. Aspects nouveaux de la surveillance, qui viennent supporter Marx :
i. ADN : lois obligeant la rétention de signatures ADN ramassées
durant des investigations; plus de 55 000 signatures de
personnes innocentes sont conservées au RU (Statewatch,
01.2003).
ii. Banques de données : sur tout (achats, santé, crédit,
déplacements, etc.). Nouveau développement : intégration
des banques et « exploration de données » pour maximiser leur
puissance (Total Information Awareness)
iii. Lois sur la rétention de données d’accès à l’internet
iv. Systèmes privés de traçage : cartes de crédit, cartes de
fidélité, enregistrement de produits; systèmes de surveillance
internet inclus dans différents logiciels (spyware)
v. Utilisation maximale de technologie de surveillance (RU:
millions de caméras. Un citoyen Londonien moyen est capturé
300 fois par jour par une caméra).
vi. Nouvelles technologies de l’identification : biométrie, RFID,
cartes transpondeurs, etc.
vii. fouilles et les détentions plus faciles; rendre l’utilisation
d’écoute et de surveillance plus faciles.
6. La militarisation de la police
a. Le mot militarisation veut traduire une réalité bien spécifique, c’est-à-dire que le but de la police est en train de ressembler à celui des
forces armées conventionnelles.
i. premier indice : utilisation de technologies militaires :
(1) pour la surveillance
(2) pour les armes (voir les technologies du cours 11)
(3) pour les tactiques (escouades tactiques paramilitaire)
ii. deuxième indice : identification d’ennemis. Dans plusieurs cas,
surtout face au crime organisé et au terrorisme, le criminel n’est
pas un citoyen qui a contrevenu à des lois, mais un ennemi,
une menace pour la sécurité nationale/intérieure.
iii. troisième indice (Kraska) : les unités paramilitaires sont
considérées comme des policiers d’élite.
iv. quatrième indice (Kraska) : la culture policière commence à
changer — on y voit plus de références aux armes puissantes,
à l’action de type assaut, à l’hypertrophie du concept de danger
b. Conséquences :
i. augmentation du recours à la technologie militaire
ii. utilisation de plus en plus fréquente des forces armées pour
des activités de police (policisation de l’armée)
iii. conception des cibles en termes de destruction/neutralisation
et non de contrôle et justice.
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