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JUILLET 2007 |
| 4-07-2007 |
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Une « bombe sale » au Canada ?
Un dispositif de disperstion radiologique, ou « bombe sale », est l'arme nucléaire du pauvre. Sa conception est d'une simplicité désarmante et la plupart des experts sont à court d'explication devant le constat qu'aucune n'ait jamais été même tentée, nulle part au monde. Suffit pourtant, pour y arriver, de combiner une bombe traditionnelle (concoctée avec des produits maison ou des explosifs volés, par exemple) à une quantité quelconque de n'importe quel matériau suffisamment radioactif (qu'on peut trouver sur certains sites de construction, dans des laboratoires universitaires, des hôpitaux, des exploitations minières, etc.).
La seule difficulté est dans le choix des cibles potentielles : il y en a tout simplement trop !
Un tel dispositif, laissé au métro Berri-UQAM, par exemple, paralyserait complètement les transports sur l'ile de Montréal et aux environs. Même sans destruction majeure ou perte de vie, le déferlement de la mythologie des radiations dans les médias découragerait une grande partie des usagers de redescendre dans le métro pour des mois. D'autres cibles incluent les différents festivals de l'été, les sites d'événements sportifs, les tours à bureaux, les centres de distribution d'eau potable, etc., etc.
Un rapport récemment publié (dans des circonstances floues) dresse cependant un tableau inutilement alarmiste des retombées réelles d'une telle bombe. Des experts, accumulant les suppositions sur les quantités de matériel radioactif que les terroristes réussiraient à dénicher et, surtout, sur leur habilité à disperser efficacement cette quantité dans l'espace — ce qui est LE problème de toutes les armes à dispersion physique (chimiques, biologiques ou radiologiques), se permettent un étalage de chiffres particulièrement angoissants mais peu susceptibles de correspondre à la réalité. |
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JUILLET 2007 |
| 3-07-2007 |
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Attentats à Londres
Une demie douzaine de docteurs musulmans, d'origines variées (Pakistan, Liban, Jordanie, Inde, Arabie Saoudite) ont eu l'astucieuse idée de faire exploser des voitures pleines d'essence et de bombonnes de gaz propane au centre-ville de Londres et à l'aéroport de Glasgow. Les deux premières bombes visaient la clientèle des bars de Piccadily Circus, population dévoyée et dépravée s'il en est, pour les ultra-fascistes musulmans. La troisième semble être le résulat d'un choix opportuniste, l'aéroport de Glasgow étant situé à 3km de la résidence d'un des extrémistes.
Dans les deux cas, l'objectif semble être la sempiternelle identification de l'Ouest comme responsable de tous les problèmes du monde musulman — et plus particulièrement de l'invasion de l'Irak. L'ironie étant qu'en Irak, la plupart des morts sont causées justement par des terroristes utilisant des voitures piégées contre des civils.
Dans tous les cas, l'amateurisme flagrant (une simple reconnaissance du terminal aurait révélé que des barrières anti-véhicule étaient présentes) est révélateur de la nouvelle vague (ou, plus modestement, d'une certaine recrudescence) de terrorisme spontané, peu réfléchi, peu organisé, commis par des individus en colère mais sans formation particulière et sans contact avec des experts pouvant les conseiller. Ce sont des cas où un ou plusieurs événements marquant l'actualité, interprétés à la sauce extrémiste religieuse, semblent pousser certains individus à bout de patience. C'est un terrorisme peu efficace au sens matériel du terme (souvent raté, ou d'effet limité), mais qui conserve tout de même un certain impact psychologique. C'est surtout un terrorisme imprévisible, difficile à déjouer. Ses acteurs, bien que parfois déjà inclus dans des listes de surveillance constituées par les services de sécurité nationale, semblent a priori peu enclins à la violence et davantage intéressés à râler sans fin contre les actions de l'« Ouest » contre les musulmans dans le monde. À l'occasion, certains passent aux actes, mais les identifier à l'avance reste un défi de taille pour les autorités.
Enfin, il ne faut pas se surprendre outre mesure que des médecins aient pu être à ce point infectés par la doctrine jihadiste. Les terroristes issus de professions libérales ne sont pas rares : il est faux de croire que l'éducation puisse prévenir ou même réduire ce genre de problème. Les dirigeants nazis des fameux Einsatzgruppen, commandos chargés de massacrer sur place les populations juives derrière les lignes allemandes, étaient tous des intellectuels et des artistes. |
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AVRIL 2007 |
| 15-04-2007 |
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Massacre à Virginia Tech
La tuerie ravive encore une fois le débat sur le contrôle des armes à feu. Pourtant, c'est exactement le genre d'incident qui ne sera aucunement affecté par un meilleur, ou même par un total contrôle des armes.
Le contrôle des armes à feu a une incidence non négligeable sur les statistiques agrégées de la criminalité. Mieux contrôler les armes, c'est réduire le nombre d'opportunités que des colères se transforment en meurtres, que des vengeances soient violentes, que des jeux soient létaux, que des enfants tuent leurs parents, que des parents tuent leurs enfants, que des époux s'entre-tuent, que des armes volées se retrouvent dans les mains de membres de gangs de rue. Un contrôle intelligent et bien administré fait donc diminuer le taux d'homicide général.
Pourtant, dans les cas où un tueur déterminé planifie un acte extrême, les contrôles sont entièrement inefficaces. La logique statistique des taux ne s'applique pas aux cas extraordinaires comme celui de Kimveer Gill ou de Cho Seung-Hui. Dans les deux cas, leurs armes avaient été obtenues légalement, mais si elles avaient été bannies absolument rien ne permet de croire que les deux forcenés auraient mis fin à leurs plans. Il exsite une foule d'alternatives à l'acquisition d'armes.
Il y a trois moments où on peu tenter de prévenir ou du moins de réduire les effets de ce genre de tragédie.
1) Prévention : on a fait grand cas du fait que Cho montrait, bien avant l'incident, des signes de désorganisation mentale. Il avait « suivi des femmes » (dans des circonstances encore nébuleuses), mis le feu à une chambre de dortoir, il écrivait des textes de fiction alarmants pour ses cours de création littéraire. Conclusion générale : on aurait du voir venir.
Ceci semble une bonne idée au départ. Veiller à aider ceux qui sont en détresse psychologique est certainement louable. Il y a un risque, par contre, de transformer tout écart à la norme en problème criminel potentiel.
Il est facile de retracer de tels faits et d'en faire une histoire après les faits. En amont, alors qu'il s'agit d'un étudiant parmi bien d'autres qui sont excentriques, déprimés, agressifs, etc. La médicalisation de chaque « indice » qu'on retrace maintenant chez Cho risquerait de causer une telle vague que les vrais dangers seront à nouveau enfouis dans une masse de cas moins graves ou tout simplement victimes du zèle de certains paranoïaques. Une journaliste de La Presse a même suggéré qu'il fallait blâmer la professeur d'anglais de Cho pour ne pas l'avoir amené voir un psy ! Faut-il rappeler qu'il s'agit d'un homme adulte, qu'on ne peut pas kidnapper et lancer sur le balcon d'un thérapeute, ou prendre par l'oreille et l'amener au bureau du directeur.
2) Sécurité : un campus universitaire est une petite ville dans la ville. Ce n'est pas un édifice fermé qu'on peut transformer en zone à haute sécurité. On ne peut pas contrôler les allées et venus des individus sur un campus. De plus, la nature même des institutions universitaires est d'être ouvertes sur le monde extérieur, non pas de se transformer en casernes. Ainsi, on peut augmenter les effectifs de sécurité, ajouter quelques caméras, mais un campus ne sera jamais une zone de sécurité.
3) Réduction des conséquences : comme pour les cas de terrorisme, on s'attarde avec un optimisme peu réaliste sur la prévention, tout en laissant entièrement de côté la gestion des crises qui sont en fait inévitables. Il faut pourtant être prêts à réparer les dégâts psychologiques, physiques et matériels qui seront causés par de tels incidents. |
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MARS 2007 |
| 25-03-2007 |
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CONSPIRATION !
Il est fatiguant, à la longue, d'être confronté à des hurluberlus, d'une conférence à l'autre, qui viennent nous parler de la « vraie histoire » des attaques du 11 septembre. Ces pathologiques de la conspiration mondiale ont transformé en art le réflexe atavique de remplacer chaque information manquante par une encyclopédie d'informations inventées.
1) George Bush, ni son administration, n'ont pas organisé les attaques du 911
2) Un avion, et non un missile, s'est écrasé sur le Pentagone
3) L'utilisation opportuniste d'une tragédie ne signifie pas qu'on l'a causée
4) Oussama ben Laden n'est pas un pantin de la CIA
5) Si vous laissez une dent sous votre oreiller, elle ne se transformera pas en pièce de 10¢ |
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| 15-03-2007 |
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KSM avoue !
Khalid Sheik Mohammed, principal auteur/organisateur des attentats de septembre 2001, impliqué dans l'attentat raté de Richard Reid, dans l'exécution barbare du journaliste Daniel Pearl et dans une foule d'autres actes plus répugnants les uns que les autres, est passé aux aveux durant une audience officielle à Guantanamo Bay le 10 mars. Sans doute avait-il déjà craché le morceau bien avant (il est détenu depuis 2002, est passé par les prisons pakistanaises, jordaniennes et on ne sait quelle autre avant d'aboutir à Guantanamo), mais tout était classé secret défense.
Étant donné le contexte de « guerre contre le terrorisme » où tous les moyens sont bons et où on se permet presque n'importe quelle méthode d'interrogatoire, tous se demanderont à quel point ces aveux sont crédibles. Dans le contexte juridique où KSM tente d'obtenir un statut légal, les aveux ont également un objectif personnel pour lui. Enfin, dans le contexte de jihad historique où chaque personnage est plus grand que nature et chaque acte prend une signification légendaire, encore une fois l'agrandissement de la réputation peut jouer dans la balance. KSM pourrait bien être tenté de laisser un héritage glorieux à ses comparses jihadistes.
Quoi qu'il en soit, il ne fait pas de doute que KSM était profondément impliqué dans plusieurs actes qui ont altéré le cours de l'histoire. Un jour nous en saurons peut-être davantage. |
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| 9-03-2006 |
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De retour après une absence proprement navrante...
Aujourd'hui nous apprenons que le procès d'un terroriste présumé de la plus grande dangerosité est sur le point de dérailler. José Padilla, citoyen étatsunien détenu depuis 2002 sous suspicion d'avoir participé à plusieurs complots terroristes, a suivi jusqu'ici un parcours invraisemblable dans les méandres de la justice É-U post-11 septembre (Wikipédia a un résumé potable de l'affaire). Le dernier développement fait paraître le reste parfaitement normal : les autorités affirement avoir perdu la vidéo, sur DVD, de son interrogatoire (durant lequel prétend avoir été torturé). Désigné comme dangereux terroriste, emprisonné illégalement, sans recours à l'habeas corpus, est-il réellement possible qu'une partie si importante de la preuve ait été perdue, sans qu'aucune copie n'ait été faite ? Trois possibilités sont à considérer : 1) les autorités anti-terrosisme étatsuniennes sont d'une grossière incompétence et ont effectiviement égaré les DVD ; 2) la vidéo montre que Padilla a effectivement été torturé durant son interrogatoire, et c'est pourquoi on les a fait disparaître ; 3) en fin de compte, tout le monde sait très bien que Padilla n'est pas dangereux et toute l'affaire a été prise à la légère dès le début. |
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SEPTEMBRE 2006 |
| 29-09-2006 |
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1) Nous avons contacté M. Arar, mais comme il partait en voyage nous n'avons pu l'interviewer.
2) Suite à notre demande d'entrevue M. Arar est soudainement parti en voyage.
La différence entre les deux énoncés est de taille. En s'adressant aux autorités étatsuniennes la GRC a plutôt choisi le deuxième modèle, celui qui donne l'impression qu'Arar a fui quand il s'est rendu compte qu'il était sous l'oeil de la police. Il n'en fallait guère plus au FBI, pris de panique devant l'ampleur des événements du 11 semptembre 2001 et rendu hypersensible par son incompétence manifeste en matière de renseignement de sécurité, prenne des mesures drastique contre ce terroriste extrémiste à double natinalité.
La GRC a-t-elle menti ? Le choix d'énoncé ci-haut nous amène très près de cette conclusion. Mentir, c'est donner des faits qu'on sait erronés comme vrais. Pour le reste, ceci reste une histoire d'incompétence en matière de sécurité nationale, que la GRC a souvent démontré — les Québécois se souviendront des entourloupes anti-FLQ des années 1970, entre autres (attaques à la bombe, incendies, vols, etc. commis par la GRC). Les cracks du projet A-O Canada, expérimentés surtout dans les investigations sur le crime organisé, ont envoyé des milliers de documents d'enquête, en vrac, sans explication, analyse ou la moindre sélectivité, au FBI, dans un effort de bien paraître dans la guerre au terrorisme et pour se plier à la mode de l'échange d'information. Les 93 dossiers concernant Arar (des notes d'enquête, des fichiers divers saisis sur des ordinateurs, etc.), grossièrement erronnés, interprétés au « maximum » dans l'optique où on était convaincu à l'avance qu'Arar était un dangereux terroriste, n'auraient jamais dû être envoyés au FBI : trop fragmentés, trop subjectifs, trop vagues.
Pour couvrir leur erreur, alors qu'Arar commençait son périple à travers les méandres du renseignement syrien (dont toute personne moindrement au courant — sauf les diplomates Canadiens en Syrie) reconnu pour ses méthodes violentes d'extraction de « renseignements » (en fait, sous la torture on fait dire n'importe quoi à n'importe qui), la GRC a ensuite entrepris une enquête sans précédent pour trouver à Arar la moindre connexion terroriste. Dans les médias, les fuites se multiplièrent, salissant Arar d'une façon absolument honteuse (aussitôt qu'Arar avoua, sous la torture, s'être entraîné en Afghanistan, cette « information » fit la une des journaux) . À ce moment, le Commissaire de la GRC, Giuliano Zaccardelli, savait déjà qu'aucune preuve de tels liens existaient. A-t-il fait une déclaration aux médias ? Non. A-t-il laissé son sous-commissaire s'opposer à l'envoi d'une lettre officielle en Syrie pour expliquer qu'aucune preuve n'existait contre Arar ? Oui.
Après les activités des années 1970, on avait retiré ses activités de renseignement de sécurité à la GRC, pour les confier à une nouvelle agence, le SCRS (qui a aussi connu ses multiples déboires). Bien sûr, un petit groupe d'irréductibles continuait tout de même ces activités en semi-catimini, mais dans l'ensemble on avait réussi à limiter les dégâts potentiels. Après septembre 2001, la GRC est revenue en force dans cette sphère, mais sans s'y connaître beaucoup plus (on donnait un séminaire de 2 mois et un d'une fin de semaine en renseignement de sécurité, séminaires qui ont maintenant disparu !).
Si la GRC est définitivement de retour sur la scène du renseignement de sécurité, il faudra voir à s'assurer qu'elle dispose du minimum de compétences en la matière, et qu'un mécanisme rigoureux de surveillance de ces activités est mis en place. |
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| 11-09-2006 |
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On me demande très souvent de répondre à cette question : le monde est-il « plus sûr » depuis le 11 septembre 2001. La réponse qui s’impose à moi, en tant que scientifique, c’est je ne sais pas. Non pas qu’il se trouve quelque part une information à cet effet qui m’est inconnue, mais bien qu’il n’existe aucun moyen objectif de répondre à cette question.
En effet, pour savoir si nous sommes davantage en sécurité il faudrait pouvoir comparer notre niveau de risque actuel à celui qui existait avant le 11 septembre. Or, pour pouvoir y arriver, il faut comptabiliser le nombre d’incidents terroristes et le diviser par une durée chronologique et par le nombre d’habitants au Canada. Il se trouve, comme vous le savez, que presque aucun acte du genre ne s’est produit au Canada depuis 1985. Donc, le risque était près de zéro avant le 11-9, et il reste près de zéro aujourd’hui. Ou du moins, il est trop bas pour être réellement mesurable.
Un autre moyen répandu d’évaluer notre sécurité est de considérer l’activité gouvernementale et privée qui s’affaire à l’assurer. Tous ces efforts sont sensés augmenter notre sécurité, donc si on y met assez de ressources cet effet semble inévitable (bien que des conséquences non-voulues soient inévitables, par ex. le cas Maher Arar).
— En fait ceci est une erreur de pensée fondée sur la supposition que les vulnérabilités d’une société comme la nôtre sont 1) limitées en nombre ; 2) identifiables grâce aux événements et tentatives précédents. Les deux suppositions sont fausses. L’approche par les vulnérabilités est infinie et imprévisible (inutile, donc, d’interdire les limes à ongles ou les liquides au-delà d’une courte période post-arrestation où des membres toujours libres d’un complot pourraient tenter de le mener à bien malgré tout).
Un dernier moyen est de tenter d’évaluer le nombre, la détermination et la capacité réelle des individus qui sont des terroristes potentiellement intéressés à s’attaquer au Canada en particulier ou à commettre des actes terroristes ailleurs dans le monde. Certains faits s’imposent alors :
- Al Qaïda n’est plus à craindre en tant qu’organisation terroriste transnationale. Il n’en reste plus que des vestiges, tout juste assez pour produire des vidéos transmis à al-Jazeera.
- Mis à part certains points chauds (Iraq, Palestine, Afghanistan) le nombre d’attaques terroristes dans le monde est en baisse marquée depuis 2000.
- Par contre, le nombre de morts par attaque, lui, est en hausse : les attaques sont désormais de type absolutiste moral (nouveau terrorisme) et dirigées contre les populations civiles pour y faire des dommages directs.
- Le terrorisme jihadiste, qui préoccupe particulièrement de nos jours, n’est international que dans l’articulation de ses objectifs ultimes. En fait, il semble que les attaques qui risquent de se produire dans le futur proche proviendront non pas d’agents envoyés par une multinationale de la terreur, mais par des citoyens mécontents, frustrés, radicalisés des pays où ils prépareront leurs attentats.
- Dans la mesure où les incidents sont internationaux — de par leurs objectifs, on l’a vu — ils sont tributaires du contexte politique international. L’activité du Canada en Afghanistan donne à croire qu’un facteur additionnel de risque a été créé (ce qui, en soi, n’enlève rien à la légitimité de l’intervention, qui est une autre question).
— résultat : on peut arriver à une idée vague qu’il existe un risque, une possibilité d’attaque.
Bien sûr toutes ces évaluations sont tributaires de 3 aspects principaux :
- Qu’est-ce qu’un acte terroriste ? Un avion qui s’écrase, un cocktail molotov ?
- Quelle est la grandeur de la fenêtre temporelle où ce risque doit se déployer ?
- Qui est « victime » du terrorisme ? (celui qui meurt, qui voit mourir, qui sait que quelqu’un est mort ?)
Une question importante est celle de la perception de sécurité. Cette perception ne se situe pas au même niveau que celui de la sécurité objective, rationnelle, par analyse du risque par exemple. Et elle n’en partage pas beaucoup des attributs. L’insécurité n’est pas causée par des actes objectifs, mais par l’interprétation qu’on en fait en tant qu’acteurs socio-culturels et surtout, en tant que consommateurs des médias.
Or, aucune forme d’analyse des événements présentés dans les médias ne permet une évaluation réelle, actuarielle du risque encouru — que ce soit au niveau individuel du citoyen ou au sens où on « risque » que le Canada soit attaqué. Cependant, cette médiatisation cause tout de même une insécurité, ou du moins une préoccupation (c’est d’ailleurs un des buts des terroristes).
En ce sens, on peut également conclure qu’une large part de l’activité des autorités ne vise pas le terrorisme en tant qu’objet réel, mais bien la peur qu’ont les citoyens d’être victimes d’attaques. C’est ce que certains ont appelé un « théâtre de la sécurité » (expression particulièrement évocatrice inventée par Bruce Schneier). L’activité gouvernementale (incluant par exemple les dépenses élevées pour des systèmes de sécurité) et la visibilité des dispositifs de sécurité ont pour principal objectif de répondre à un besoin de la population qui se situe au niveau affectif, et non physique.
C’est un théâtre également au sens où dans un monde glocalisé, les partenaires politiques et économiques du Canada doivent recevoir un message de préparation au terrorisme. |
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