NOUVELLES / NEWS
   
Ceci est mon journal (blogue) sur les événements ayant rapport avec la criminologie, le crime, le contrôle du crime, la technologie, la surveillance et le terrorisme ayant retenu mon attention. Notez qu'il s'agit de mes réactions immédiates à certains faits, et non mon analyse en tant qu'expert (pour des analyses, voir ici et ici).
   
This is my blog on events concerning criminology, crime, crime control, technology, surveillance and terrorism. Warning: below are my immediate reactions to random events I found interesting. For expert analysis see here and here.
   

Voyez également
     1) Cybercriminalité et sécurité
     2) Lux ex Umbra
     3) Cryptome
     4) Michael Geist
     5) Benoît Gagnon

Ainsi que les nouvelles ERTA (terrorisme et antiterrorisme)

   
   
   
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Stéphane Leman-Langlois
 
 
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20 JUIN

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19 JUIN

Après le rejet d'une décision « disproportionnée » de 220 000$ en dommages et intérêts à des maisons de disques en octobre, le jury en remet : cette fois, Jammie Thomas-Rasset, utilisatrice de KaZaA, est maintenant condamnée à 1,92 millions en dommages ...pour avoir téléchargé 24 chansons.

Ce dénouement ne manquera pas de renforcer les tactiques d'extorsion de la RIAA, qui jusqu'ici a réclamé 5 000$ à 35 000 internautes sous la menace de les poursuivre en justice.

18 JUIN

Le gouvernement fédéral introduit une nouvelle « Loi sur l’assistance au contrôle d’application des lois au 21e siècle ». En principe il s'agit d'aligner le Canada sur les principes antii-cybercriminalité énoncés dans la Convention sur la cybercriminalité du Conseil de l'Europe signée à Budapest en 2001. la loi

1) oblige les fournisseurs d'accès internet et de services de téléphonie à installer des dispositifs de collecte et de conservation des données relatives aux communications de leurs clients et qui doivent permettre l'interception des contenus de ces communications

2) oblige les fournisseurs à fournir aux autorités les informations relatives aux communications de leurs clients, sur demande (C-47, art. 16).

3) Les demandes pourront faire l'objet d'une vérification interne (art. 20); dans ce cas, une copie du rapport de vérification sera remise au CSARS (dans le cas du SCRS) ou au Commissaire à la protection de la vie privée dans le cas de la GRC ou du Commissaire de la concurrence ; le Commissaire à la protection de la vie privée peut, sur préavis suffisant, procéder [...], à des vérifications des méthodes et usages de la Gendarmerie royale du Canada.

4) de plus,
«
 34. (1) La personne désignée pour vérifier le respect de la présente loi peut, à cette fin, procéder à la visite de tout lieu appartenant à un télécommunicateur — ou placé sous sa responsabilité — où se trouvent, à son avis fondé sur des motifs raisonnables, des installations de télécommunication, des appareils de transmission, des documents, des renseignements ou des objets visés par la présente loi.
(2) Elle peut, à cette même fin :
a) examiner les documents, les renseignements ou les objets se trouvant dans le lieu et ouvrir, directement ou indirectement, tout contenant ou autre objet;
b) examiner toute installation de télécommunication ou tout appareil de transmission ou matériel connexe s’y trouvant et lui faire subir, directement ou indirectement, des essais;
c) faire usage, directement ou indirectement, de tout système informatique s’y trouvant pour vérifier les données qu’il contient ou auxquelles il donne accès;
d) reproduire ou faire reproduire toute information sous forme d’imprimé ou toute autre forme intelligible qu’elle peut emporter pour examen ou reproduction;
e) faire usage, directement ou indirectement, du matériel de reproduction et des moyens de télécommunication se trouvant dans le lieu.
»

5) Enfin, conformément à la Convention, le projet C-46 inclue dans les infractions visées les lois des pays étrangers (487.012). Cette disposition est particulièrement préoccupante, pour des raisons évidentes.

23 MAI

Québécor se retire de l'ADISQ : le plus gros partenaire de l'association se révolte contre les pressions de l'ADISQ pour réglementer Internet. Fournisseur d'internet, Québécor était dans une position évidente de conflit d'intérêts en participant au lobby ADISQ.

Bien sûr, la position de Québécor n'a de positif que son apparence. Le consommateur québécois serait gravement défavorisé par les plans de réglementation de l'ADISQ, et ainsi le retrait de Québécor, affaiblissant l'association, est positif. Mais de là à considérer Québécor comme étant de son côté, il y a un énorme ravin à franchir ! Québécor et Vidéotron spécifiquement n'ont aucunement la liberté de leurs clients à coeur, seulement la leur. Tant que le lobby des producteur de contenu et le lobby des fournisseurs se combattent, le consommateur profite d'un calme temporaire au chapitre des règlements — les gouvernements ne portant oreille qu'aux lobbies industriels. Dès qu'il y aura entente, ou lorsqu'un lobby dominera clairement l'autre (sous cet angle, le départ de Québécor de l'ADISQ pourrait bien faire pencher la balance), le couperet tombera pour le consommateur.

Cela dit, il semble pour l'instant qu'entre le Charybde des fournisseurs et le Scylla des producteurs, le moindre des maux pour le consommateur se trouve du côté des fournisseurs. Ces derniers écorchent les portefeuilles, épient les packets et engluent Internet de publicité « ciblée », mais semblent moins culturellement rétrogrades et moins intéressés à contrôler notre pensée.

La dernière trouvaillede l'ADISQ est de faire payer le gouvernement pour de nouvelles béquilles. Publier de la musique sur internet ne coûte presque rien, ce qui met en danger l'industrie. L'industrie a donc besoin de subventions pour publier sur Internet. Logique, non ?

23 MAi

Désiré Munyaneza est reconnu coupable d'atrocités au Rwanda. Dirigeant local d'un groupe d'Interhamwe, Munyaneza a été actif dans toutes les horreurs du génocide:

« Le témoin se réfugie à nouveau à la préfecture. Un jour, elle voit l'accusé choisir quatre réfugiés tutsi de la préfecture et il les amène avec des amis chez Venant. Le groupe suspend les quatre hommes par les pieds et leur frappent la tête sur le sol jusqu'à ce qu'ils meurent. Désiré est armé d'un fusil et tout le groupe affirme que tous les Tutsi doivent mourir. Un soir, Désiré et des amis choisissent trois jeunes filles parmi les réfugiés et les amènent à l'immeuble abandonné de Mironko Plastiques. Shalom prend une fille, Désiré prend Alphonsine et le fils de Mahenga la prend et la viole. Elle n'a pas vu ce qui est arrivé aux deux autres mais Alphonsine semble désespérée à son retour. Désiré était armé et les jeunes filles étaient battues si elles refusaient de se soumettre. »

 

« Désiré apparaît comme un des leaders du groupe. Il dit aux réfugiés qu'ils sont une race que Dieu a rejetée. Le même groupe prend des enfants de 4 ou 5 ans, les mettent dans des sacs et les frappent avec des bâtons. Désiré soulignait que si l'on veut tuer un serpent, il faut frapper à la tête. Plusieurs de ces enfants meurent sur place. Le témoin voit Désiré et son groupe s'attaquer à une famille qui vient d'arriver à la préfecture : « Un Tutsi ne peut vivre » dit-il en frappant à mort les deux hommes de cette famille accompagné des Interahamwe. Ils s'attaquent ensuite à une femme qui est battue, traînée par les pieds et jetée dans leur véhicule. D'autres réfugiés sont aussi amenés. On ne les reverra jamais » (texte du jugement).

Quant aux témoins de la défense, peu à signaler, autre que la soeur de l'accusé n'a pas eu vent qu'un génocide était en cours, de son point de vue de la petite ville de Butare. Pourtant, les statistiques montrent une moyenne de 8 000 victimes (morts et blessés) PAR JOUR à Butare, la préfecture où le génocide fut le plus intense.

1er MAI

La criminologie se penche de manière disproportionnée sur la criminalité de rue et sur les crimes plus graves et donc plus rares. Dans La Presse d'aujourd'hui, plusieurs choses sautent pourtant au yeux en tant qu'objets criminologiques  :

1) Le scandale des compteurs d'eau à la ville de Montréal :

le maire ne savait rien (pour la 3 243e fois)

politiciens et bureaucrates s'en mettant plein les poches, garnissant leurs caisses électorales et se garantissant de bons emplois pour la continuation de leur carrière dans le privé

2) Scandale de la SHDM, toujours à la ville de Montréal, toujours des poches garnies, une partie de l'argent allant au crime organisé, la perpétuation de la culture de corruption, de favoritisme, de copinage et surtout du vol de l'argent des contribuables

3) Au gouvernement du Québec, on abaisse les standards d'éthique (déjà trop bas) pour permettre au ministre des Relations internationales, le richissime Pierre Arcand, d'octroyer des contrats à sa propre entreprise !

4) Le journaliste Daniel Leblanc toujours à risque de sanction pénale parce qu'il refuse de divulguer l'identité de la source qui lui a pemis de faire la lumière sur le scandale fédéral des commandites et du Parti libéral+copains à s'en mettre plein les poches

5) Le gouvernement fédéral du Canada fait pression sur Washingon pour que soit abandonné son programme de lutte contre les gaz à effet de serre. Le programme californien, dans la mire du Canada, est particulièrement dénoncé parce qu'il met en danger la transformation des sables bitumineux de l'Alberta, une des activités humaines les plus polluantes au monde.

6) les Fonds d'intervention économique régionaux (FIER) sont devenus de nouveaux moyens pour des fonctionnaires de s'auto-attribuer des contrats et d'enrichir leurs amis. Dans les cas où c'est insuffisant, les fonctionnaires peuvent administrer plus d'un FIER et canaliser encore plus d'argent vers leurs poches.

Autrement dit, au moment où les politiciens dénoncent les criminels et demandent des peines plus lourdes pour le « crime du mois », l'ensemble de la population canadienne continue d'être victimisée par eux, à toutes les minutes de la journée.

18 AVRIL

Solange Drouin et l'ADISQ jugent que la meilleure solution pour l'avenir de la musique et des contenus artistiques est la poursuite judiciare des fans qui téléchargent.

Dautres, comme le Regroupement des producteurs
multimédia (RPM), jugent que les consommateurs d'accès internet (tout le monde ou presque) devraient payer une taxe pour soutenir la production de contenu.

Tous, en bref, rivalisent dans l'invention de moyens de freiner ce que la société de l'information a de meilleur à offrir, dans l'espoir de protéger le respirateur qui maintient artificiellement en vie une industrie en totale banqueroute créative.

17 MARS 2009

Le ministre fédéral des Sciences et de la Technologie, Gary Goodyear (à gauche), après avoir coupé dans le financement des sciences au profit des étudiants en business, croit que l'univers a été créé en 7 jours il y a 5 000 ans (Globe&Mail). Bon anniversaire, M. Darwin. M. Goodyear est chiropraticien, une discipline qui est loin de faire l'unanimité scientifique. Il croit également qu'il est possible d'améliorer la consommation d'essence d'une voiture avec des gadgets magnétiques.. Donc, sur trois contacts avec la science, trois oppositions..

Il ne faut pas voir là une exception du cabinet Harper: le ministre du Patrimoine, James Moore, a démontré qu'il ne connaissait pratiquement rien à la culture canadienne lors d'un récent passage à Radio-Canada.

17 MARS 2009

Une décharge de Taser, sans nécessairement avoir un effet immédiat, peut produire des symptômes plus d'un an plus tard. Un policier ayant accidentellement reçu une décharge dans la nuque est en proie à des maux de tête, un déficit d'attention et des vertiges (Globe&Mail).

13 MARS 2009

Le gouvernement conservateur tentera de rétablir les provisions abandonnées de la Loi antiterroriste de 2001 en matière de détention préventive et d'obligation des suspects à témoigner contre eux-mêmes. Ces écarts à la Charte des droits et libertés du citoyen avaient été adoptés en 2001 avec une durée de 5 ans, justifiée par l'urgence de la situation post-9/11. Elles n'ont jamais été utilisées depuis, ce qui porte à deux conclusions: 1) elles sont inutiles ; 2) on peut certainement constater que les autorités n'en abusent pas.

C'est le potentiel d'abus qui doit faire réfléchir ; bien sûr, si de tels abus se produisaient régulièrement la question serait plus facile à trancher. Cependant, un seul cas peut facilement entacher la réputation d'organisations policières et celle du Canada tout entier, comme le cas de Maher Arar l'a facilement démontré. Vu la totale inutilité de ces provisions et leur contradiction de principes de droit civique vieux de plusieurs centaines d'années, il serait sans doute préférable d'éviter le cirque anti-crime conservateur une fois de plus.

23 FÉVRIER 2009

Votre humble serviteur se prononce sur le projet pilote de l'ASFC d'utilisation de scanners à ondes milimétriques pour augmenter la sécurité des aéroports.

 

scanner à distance
scanner portail
image résultante

20 FÉVRIER 2009

Des hackers démontrent que les systèmes de reconnaissance du visage installés sur les ordinateurs portables ne fonctionnent pas de manière sécuritaire. Même sans une photo de leur utilisateur légitime, il est possible de bombarder le système de photos jusqu'à ce qu'on en trouve une qui ouvre la porte.

17 FÉVRIER 2009

Des groupes de pression tentent de convaincre le CRTC de réglementer l'accès à Internet des Canadiens. Une proposition consisterait à taxer les fournisseurs d'accès pour financer la production de contenu canadien sur Internet. Les fournisseurs, ainsi que les diffuseurs, sont bien sûr contre. Les consommateurs le seront également aussi, puisque ceci ne manquerait pas de se traduire en hausse des tarifs d'accès. D'ailleurs, les Canadiens financent déjà la production de contenu à travers plusieurs autres programmes. On peut bien sûr débattre de la quantité de ce financement, ainsi que de sa quantité (la manière de le distribuer, entre autres), mais ceci est une question différente.

La fonction première du CRTC était la répartition efficace des plages de fréquences radio, qui sont des ressources naturelles limitées dont les Canadiens sont propriétaires, entre les diffuseurs (radio et télé). Ceci ne correspond à rien sur Internet - ni dans le domaine de la radio satellite ou de la câblodiffusion numérique, d'ailleurs. Ne reste plus que la seconde mission : promouvoir le contenu canadien. On ne peut qu'en conclure que le le Conseil sera de plus en plus favorable à ce genre de demande, puisqu'il légitimise sa propre existence.

 
 
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