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1511 DÉLINQUANCE ET FACTEURS CRIMINOGÈNES |
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| Session hiver 2002; chargé de cours: Stéphane Leman-Langlois | ||||||||||||||||||||||||||||
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COURS 7: LA FAMILLE Corrélation de l'activité criminelle des jeunes avec certaines caractéristiques familiales. Familles monoparentales, pauvreté, éducation, disponibilité et discipline parentale.
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A. INTRODUCTION Nous arrivons aux facteurs environnementaux et théories sociologiques. LE TROUPEAU.
Pour des fins heuristiques, on peut grouper les facteurs criminogènes liés à la famille en 3 catégories :
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B. FORME FAMILIALE Fait reconnu : familles monoparentales/gynoparentales ont des enfants qui semblent plus à risque (criminalité et autres difficultés). Question : pourquoi? Une réponse conventionnelle
veut que le faible revenu et le désavantage économique qui
caractérise les familles monoparentales produise un stress sur
la famille. |
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Tableau :
Sommaire de la force d'association entre le statut de mère seule
et les résultats observés chez l'enfant
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Passons donc à la prochaine catégorie de facteurs : |
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C. DYNAMIQUE FAMILIALE 1.
Texte sur les familles gynoparentales Variables personnelles sont les plus fortes, tableau 3. En particulier, «pratiques parentales hostiles» sur mésadaptation sociale et troubles mentaux.
Facteurs : plus il y a d'attachement, de supervision, communication, moins il y a de conduites délinquantes. Plus il y a de confrontation, de stress, de difficultés diverses, plus il y a de conduites délinquantes. Principal : supervision des enfants. C'est là par contre un facteur qui est lui-même dépendant d'autres variables : emploi et situation géographique surtout deux choses liées au statut socio économique. |
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| 2.
Explication de LeBlanc / Fléchette (ch. 4, p. 150-2) : La présence et l'implication active du père sont déterminantes parce que les adolescents étant mâles, ils sont en quête d'identité masculine. Explication alternative : culturellement, l'homme est figure d'autorité (surtout dans les années 70); donc, supervision plus efficace (explication socio-culturelle plutôt que bio-développementale). |
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3.
Violence dans la famille (violence engendre la violence)
D'après les recherches sur les enfants, ceux qui sont à la fois témoins et victimes de violence voient leur comportement plus marqué par l'agressivité que ceux qui sont simplement des victimes, ces derniers ayant à leur tour plus de difficultés que ceux qui ont été témoins de violence mais qui n'ont jamais été victimisés. Donc, échelle: témoin -> victime- > témoin et victime. MAIS : relation pas si solide qu'il peut sembler de premier abord. 30% des jeunes victimes de violence montrent des troubles affectifs. Mais des problèmes méthodologiques assez difficiles, surtout le ex post facto, subsistent. Des études prospectives sont nécessaires mais inexistantes pour l'instant l'ensemble des études est basé sur des enquêtes rétrospectives, et comme la plupart des gens associent la violence vécue à la violence active (médias...) il est fort possible qu'un biais de confirmation important existe. |
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D. ÉDUCATION ACTIVE ET SUPERVISION 1. Supervision et contrôle ne supposent pas la punition des comportements déviants. Dans Délinquances et Délinquants, (LeBlanc et Fréchette, 1987), les jeunes judiciarisés sont moins surveillés (53% v. 78%) mais plus punis (59% v. 31%).
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2. Gerald
Patterson
Attention, ceci n'est pas une recette de prévention. On peut y voir comment un enfant peut apprendre des comportements sociaux et donc comment des pratiques parentales incompétentes rateront cette occasion, produisant des enfants « non socialisés ». Par contre, un enfant pourrait bien apprendre des comportements rejetés par la société dans son ensemble! |
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E. POURQUOI (conclusion) 1) Développement moral basé sur l'apprentissage par l'expérience et l'usage plutôt que sur le développement proprement dit. Le passage d'un stade à l'autre serait une question d'apprentissage. 2) John Bowlby : l'attachement à la mère, en (très) bas âge, produit la capacité d'empathie (psychanalytique mais très populaire aujourd'hui). Absence : psychotisme, anxiété, faible estime de soi. Semble y avoir preuve empirique : a) corrélation forte entre attachement à 1 an et comportements antisociaux à 6 ans. b) Corrélation agressivité attachement. Problème d'analyse : l'attachement en bas âge, bien sûr, est aussi prédictif d'attachement plus tard... 3) Apprentissage social. Albert Bandura : observation = action. Modélisation des comportements. L'enfant apprend en imitant. Expérience du clown. Gérald Patterson : apprentissage par essai et erreur (empirique / cognitiviste). Expérience de ce qui fonctionne dans un contexte donné. 4) Contrôle social : les parents inculquent à leurs enfants non seulement les valeurs de la société mais également le fait que si on les viole a) on est puni; b) on n'obtient pas les bénéfices de vivre en société (dont en premier lieu l'approbation des parents). Les enfants apprennent également à repousser dans le temps la satisfaction de leurs désirs. 5) Position moralisante : la famille est un microcosme qui est la source du social (variante néo-libérale : le social n'existe même pas). Son fonctionnement est justement basé sur l'actualisation ou la mise en scène des règles de vie en groupe. De plus, les règles de la famille SONT les règles de la société. Pas étonnant alors que l'enfant formé à la famille soit «socialisé», puisque la société vient de la famille. Corollaire : notre société connaît aujourd'hui une «dérive des valeurs» (ou autre expression du genre) parce que les familles sont éclatées. |
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